Le rajeunissement par radiofréquence vulvo-vaginale

La radiofréquence vulvo-vaginale est une technique proposée pour la sécheresse, l’inconfort et le relâchement des tissus après la ménopause ou après un accouchement. Cette page explique en quoi elle consiste, ce que les données disponibles permettent d’en attendre, et ce qu’elles ne permettent pas de promettre.

Au cabinet, la consultation sert d’abord à poser le diagnostic et à passer en revue les traitements adaptés à votre situation, avant d’envisager une technique plutôt qu’une autre.

L’essentiel

  • Les traitements dont l’efficacité est solidement établie pour la sécheresse et l’atrophie après la ménopause sont les hydratants, lubrifiants et traitements locaux. Ils viennent en premier.
  • Pour les dispositifs à énergie, laser comme radiofréquence, les sociétés savantes ne soutiennent pas un usage systématique.
  • Pour le relâchement après un accouchement, le traitement le mieux démontré reste la rééducation du périnée.
Équipe chirurgicale en tenue de bloc pendant une intervention

Le principe

La radiofréquence délivre une énergie qui chauffe de façon contrôlée les tissus de la paroi vaginale et de la vulve. L’objectif annoncé est de stimuler la production de collagène et d’améliorer l’hydratation et la souplesse des tissus.

Le traitement est non chirurgical, se fait en cabinet, et se déroule en plusieurs séances.

Ce que disent les données

Il faut distinguer deux choses : l’existence d’études favorables, et l’existence d’un consensus professionnel. Les premières existent, le second non.

Les recommandations internationales les plus récentes sur le syndrome génito-urinaire de la ménopause concluent que les agences réglementaires et les sociétés savantes ne soutiennent pas l’usage systématique des dispositifs à énergie. Les études favorables sont en majorité hétérogènes, monocentriques et non randomisées, et les essais comparatifs n’ont pas montré de séparation significative d’avec un placebo.

Le consensus professionnel sur ces dispositifs ne retient par ailleurs aucun accord pour la laxité vaginale ni pour l’incontinence urinaire d’effort. L’autorité sanitaire américaine a publié en 2018 une mise en garde contre les dispositifs à énergie présentés comme du « rajeunissement vaginal », aucun n’étant autorisé pour une indication gynécologique précise.

Nous préférons vous le dire. Une technique peut être proposée et discutée sans être présentée comme une solution acquise.

Ce qui est proposé en premier, et pourquoi

Pour la sécheresse et l’atrophie après la ménopause, les traitements de premier niveau de preuve sont :

  • les lubrifiants au moment des rapports et les hydratants vaginaux en usage régulier, deux à trois fois par semaine ;
  • les œstrogènes locaux à faible dose pour les formes modérées à sévères ;
  • la DHEA vaginale et l’ospémifène par voie orale.

Pour le relâchement après un accouchement, la rééducation du périnée est recommandée au plus haut niveau de preuve, à partir du troisième mois, avec au moins trois séances guidées.

Ces traitements ne sont pas des consolations : ce sont ceux qui marchent le mieux, et ils coûtent moins cher.

Si vous envisagez la radiofréquence

Elle peut se discuter, en particulier quand les traitements établis sont contre-indiqués, mal tolérés, ou refusés. La discussion doit alors porter sur des points précis :

  • le résultat attendu pour votre symptôme, et non « en général » ;
  • le nombre de séances et la durée de l’effet ;
  • le coût total, la prise en charge n’étant pas acquise ;
  • ce qui est prévu si le résultat n’est pas au rendez-vous.

Une consultation préalable établit d’abord le diagnostic : une sécheresse, une infection, une atrophie et une douleur d’origine musculaire ne se traitent pas de la même façon, et aucun appareil ne remplace ce temps-là.

Si, au terme de cette discussion, la radiofréquence est retenue, votre gynécologue vous indique où et dans quelles conditions elle peut être réalisée.

Questions fréquentes

Est-ce que ça marche ?

Des études sont favorables, mais les essais comparatifs n’ont pas montré de différence significative avec un placebo, et les sociétés savantes ne soutiennent pas un usage systématique. C’est une option à discuter, pas un résultat acquis.

Est-ce douloureux ?

Les séances sont généralement décrites comme bien supportées, avec une sensation de chaleur. Les modalités se précisent en consultation.

Est-ce pris en charge ?

La prise en charge n’est pas acquise pour ce type de traitement. Le coût total et le nombre de séances doivent être annoncés avant de commencer.

Puis-je en faire après un cancer du sein ?

C’est une situation particulière, où les traitements hormonaux locaux sont discutés au cas par cas. Elle demande un avis conjoint avec l’équipe qui vous suit.

Quelle différence avec le laser CO2 ?

Ce sont deux sources d’énergie différentes. Les recommandations les traitent ensemble sous le terme de dispositifs à énergie, et portent sur elles la même réserve.

En résumé

La radiofréquence vulvo-vaginale se discute, après les traitements dont l’efficacité est établie, et sans promesse de résultat. Prenez rendez-vous au cabinet à Genève pour poser d’abord le diagnostic et passer en revue les options ; si cette technique est retenue, vous serez orientée vers la prise en charge qui convient.

Spécialistes en gynécologie obstétrique, nous accompagnons les hommes et femmes à Genève pour les soins du système génital féminin, la grossesse, la ménopause, et les problèmes de fertilité.

 

Nous proposons également des solutions en chirurgie intime pour améliorer votre bien-être.

Dr. Aneta Druga & Alain Lasseron

Cabinet multilingue

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