Le laser CO2 en gynécologie

Le laser CO2 a deux usages très différents en gynécologie, qu’il vaut mieux ne pas confondre : le traitement de lésions du col et de condylomes, qui est un usage établi de longue date, et les traitements dits de confort vulvo-vaginal, où les données sont beaucoup moins solides. Cette page distingue les deux.

L’essentiel

  • Usage établi : la vaporisation de lésions du col et de condylomes. L’excision reste toutefois préférée pour les lésions précancéreuses de haut grade.
  • Sécheresse et atrophie après la ménopause : les traitements de première intention sont les hydratants, les lubrifiants et les traitements locaux. Le laser vient après, et se discute.
  • Pour le relâchement vaginal et l’incontinence urinaire, les données ne permettent pas de promettre un résultat.
Appareil de laser CO2 utilisé en gynécologie, sur un visuel de présentation

L’usage le mieux établi : lésions du col et condylomes

C’est la partie la plus solide, et paradoxalement la moins mise en avant.

La vaporisation au laser CO2 est un traitement acceptable des néoplasies intraépithéliales du col de grade 2 et 3. Les recommandations précisent toutefois que le traitement par excision reste préféré, notamment parce qu’il fournit un prélèvement analysable.

Le laser n’est pas utilisable dans plusieurs situations, qui doivent être écartées avant : une lésion qui s’étend dans le canal endocervical, une jonction non entièrement visible, un prélèvement endocervical anormal, un antécédent de traitement pour une lésion de haut grade, ou une suspicion de cancer. Dans ces cas, l’excision s’impose.

Le laser garde en revanche un intérêt particulier, entre des mains expérimentées, pour les lésions étendues ou celles qui débordent sur le vagin.

Il traite également les condylomes liés au papillomavirus.

Sécheresse et atrophie après la ménopause : ce qui vient d’abord

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, qui associe sécheresse, irritation et douleurs pendant les rapports, dispose de traitements dont l’efficacité est solidement établie :

  • les lubrifiants au moment des rapports et les hydratants vaginaux en usage régulier ;
  • les œstrogènes locaux à faible dose, pour les formes modérées à sévères ;
  • la DHEA vaginale et l’ospémifène par voie orale.

Concernant les dispositifs à énergie, laser comme radiofréquence, les recommandations internationales les plus récentes sont explicites : les agences réglementaires et les sociétés savantes ne soutiennent pas leur usage systématique. Les études favorables sont pour la plupart hétérogènes, monocentriques et non randomisées, et les essais comparatifs n’ont pas montré de différence significative avec un placebo.

Cela ne signifie pas que ces techniques n’ont pas de place. Cela signifie qu’elles se discutent au cas par cas, après les traitements établis, et sans promesse de résultat.

Ce que les données ne permettent pas de promettre

Pour le relâchement vaginal et pour l’incontinence urinaire d’effort, il n’existe pas de consensus professionnel en faveur des dispositifs à énergie. L’autorité sanitaire américaine a d’ailleurs publié en 2018 une mise en garde contre ces dispositifs présentés comme du « rajeunissement vaginal », aucun n’étant autorisé pour une indication gynécologique précise.

Pour le relâchement après un accouchement, le traitement dont l’efficacité est la mieux démontrée reste la rééducation du périnée.

Nous préférons l’écrire plutôt que de le taire : une technique peut se discuter sans être vendue comme une solution acquise.

Avant de décider

Une consultation préalable est indispensable. Elle sert à poser le diagnostic, à écarter les situations où le laser n’est pas indiqué, et à passer en revue les traitements établis pour votre situation.

Les questions utiles à poser : quel est le résultat attendu pour mon symptôme, quelles sont les alternatives, combien de séances, quel coût, et que se passe-t-il si cela ne marche pas ?

Le cabinet est équipé d’un laser CO2 fractionné.

Questions fréquentes

Le laser peut-il remplacer une conisation ?

Pas systématiquement. La vaporisation est acceptable pour certaines lésions, mais l’excision reste préférée pour les lésions de haut grade, notamment parce qu’elle permet une analyse du tissu retiré.

Est-ce efficace contre la sécheresse vaginale ?

Des études sont favorables, mais les essais comparatifs n’ont pas montré de différence significative avec un placebo, et les sociétés savantes ne soutiennent pas un usage systématique. Les traitements locaux établis restent la première option.

Est-ce que cela resserre le vagin ?

Aucune donnée ne permet de le promettre. Pour un relâchement après accouchement, la rééducation du périnée est le traitement dont l’efficacité est la mieux établie.

Est-ce douloureux ?

Les séances sont généralement bien supportées, avec une sensation de chaleur. Les modalités précises, anesthésie comprise, se discutent selon l’indication.

Combien de séances faut-il ?

Cela dépend entièrement de l’indication. C’est une question à poser en consultation, en même temps que celle du résultat attendu et du coût.

En résumé

Le laser CO2 a des usages établis, en particulier sur les lésions du col et les condylomes, et d’autres où les données restent limitées. Prenez rendez-vous au cabinet à Genève pour savoir ce qu’il peut apporter dans votre situation, et ce que les traitements établis apportent avant lui.

Spécialistes en gynécologie obstétrique, nous accompagnons les hommes et femmes à Genève pour les soins du système génital féminin, la grossesse, la ménopause, et les problèmes de fertilité.

 

Nous proposons également des solutions en chirurgie intime pour améliorer votre bien-être.

Dr. Aneta Druga & Alain Lasseron

Cabinet multilingue

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